Assistant vocal

Apple rejoint Google et Amazon sur le marché français des assistants vocaux. Au-delà des commodités disponibles, ces nouveautés visent avant tout à recueillir des données et faire examiner les transactions commerciales effectuées à partir de l’appartement. Et de trois ! Avec l’arrivée du HomePod d’Apple ce lundi sur le marché français, trois des 4 Gafa américains ( Google, Apple, Facebook, Amazon ) sont équipés maintenant d’un nouveau support numérique réagissant à la parole pour aimanter et fidéliser encore un petit peu plus les millions de clients hexagonaux qui emploient leurs services et leurs produits au quotidien. Après Google ( Google Home ) et Amazon ( Echo ), il ne reste plus que Facebook et Microsoft chez les supergéants d’Internet à ne pas avoir encore lancé leur nettoyé technologie de reconnaissance vocale, dont l’adoption et la diffusion massives passent par ces nouveaux assistants ambiants. Des smartspeakers ou enceintes intelligents que l’on installe dans un coin de son salon sans trop savoir au commencement ce que l’on va en faire et que les opérateurs télécoms, premiers commerçants historiques de la parole, n’entendent pas laisser devenir une nouvelle chasse gardée des Gafa. Conçu en collaboration avec l’allemand Deutsche Telekom, Orange lancera lui aussi le sien à la rentrée, baptisé Djingo.

Le Paradigme:

Ce tir groupé «est bien le signe que l’interaction avec les objets connectés par la parole, qui est l’interface la plus naturelle qui soit, s’apprête à révolutionner notre rapport à l’outil, analyse Thomas Husson, du cabinet Forrester, selon lequel on n’avait jamais vu à ce jour une cadence d’adoption si rapide. Il a fallu pas loin de dix d’années pour généraliser l’usage du téléphone et des écrans tactiles, poursuit-il. L’ensemble de ces géants font le pari qu’il en faudra beaucoup moins pour inspirer ce nouveau paradigme du pilotage de nos vies connectées par la parole. Nnconnectés avec la domotique. La liste des usages possibles est sans fin. «Il y a un monde entre ce que ces assistants savent faire aujourd’hui et ce qu’ils feront demain, pronostique Jérémy Harroch, fondateur de la start-up Quantmetry, spécialisée dans le big data et l’IA. Ces objets en soi n’ont aucune valeur et vont servir aux Gafa d’accélérateurs de captation de nos données. Qui aurait bien pu imaginer il y a dix ans que les testeurs seraient prêts à payer pour installer un espion au cœur de leur intimité ? En débarquant dans le foyer, ces assistants vocaux qui stockent l’ensemble de nos données à distance, dans le cloud, vont permettre aux Gafa et aux marques qui pactisent avec ces géants sur leurs plateformes à péage d’en connaître infiniment plus sur nos routines les plus diverses. Alexa est le plus rapide dans son déploiement, Google Assistant le plus cognitif et invasif, et Siri le moins intrusif, avec un modèle qui repose encore peu sur la valorisation des données, résume Yann Lechelle. Mais la logique centralisatrice à l’œuvre est identique, met-il en garde. Ces nouveautés d’apparence très ludiques sont le nouveau cheval de Troie des Gafa pour nous datagraphier de fond en comble et de la manière la plus inodore qui soit.

 

Si la France reste un nain en terme de ventes – sortie l’été 2017, l’enceinte Google Home n’aurait pas dépassé à ce jour la centaine de dizaines de milliers de ventes. Les usa, où d’après différentes études à peu près vingt pour cent des demandes se font déjà par ce biais, ont déjà montré la voie. Vendus à un prix assez modique, les assistants personnels vocaux y sont déjà existants dans près du quart des foyers et tout indique qu’avec le déferlement en cours – Google et Amazon se sont lancés dans une course effrénée pour licencier à titre gratuit leur technologie à une kyrielle de fabricants -, ce chiffre peut progresser très rapidement. «C’est une guerre sans fin qui débute, dont les missions se mesurent en dizaines de milliards de dollars, pronostique Yann Lechelle, de Snips, une start-up française qui développe une technologie solution pour les assistants vocaux. Car celui qui captera le mieux nos usages numériques dans le cadre immobilier sera également celui qui contrôlera les transactions commerciales de produits ou de services liées au foyer. Or les transactions mobiles ne représentent qu’une toute petite partie de celles que l’on fait chez soi, poursuit-il. La bagarre à venir est celle du terminal transactionnel ultime. Assez anodins en allure, ces assistants vocaux ne sont en réalité que la pointe émergée des programmes mis au point par les Gafa pour favoriser l’adoption de leurs nouveautés d’intelligence d’artificielle. Le moteur sous le capot de l’Echo d’Amazon à la parole féminine se prénomme Alexa, celui de google Home Google Assistant, et le HomePod d’Apple fonctionne avec l’agent conversationnel Siri, également présent dans les iPhone. Objet de railleries sur les social medias à cause de l’absurdité de leurs réponses, de temps en temps à côté de la plaque, ces majordomes vocaux sont censés nous assister dans l’ensemble des tâches courantes : planning, voyages quotidiens, musique mais également accès aux informations, à les circonstances météo ou à des materiels domestiques.

Terminaux:

En ligne de mire des Gafa, le commerce par la parole, quasi inexistant à ce jour, fait déjà figure de nouveau graal à conquérir dans la perspective de ce futur où plus aucun obstacle, ou quasiment, ne s’opposera à une facilité parfaite des transactions. On en est encore très loin et il va falloir repenser beaucoup de choses avant d’y arriver, relativise Thomas Husson, de Forrester. On va pas mal tâtonner durant mais la direction est limpide et les chevaux sont lâchés. Assistants vocaux : des appareils très écoutants et peu regardants. Ces derniers mois, l’Arcep, le gendarme des télécoms, a cherché à mettre en garde dans l’indifférence générale sur le développement de ces nouveaux terminaux et la présence qu’ils représentent pour la préservation d’un Internet non fermé et neutre. On va évoluer aujourd’hui dans un monde où les terminaux vont faire les choix à notre place, s’inquiétait récemment son président, Sébastien Soriano. On aura de moins en moins de contrôle. D’autant moins si Big Brother is hearing you.

Amazon Echo :

le défricheur. Après avoir inventé la liseuse électronique électronique avec le Kindle, le chef de file mondial du de vente à distance est le premier à s’être lancé dans la mésaventure des bafles connectées, fin antérieure. Débarquée en métropole il y a quelques jours, la gamme Echo se développe en trois modèles, l’enceinte Echo, sa petite sœur l’Echo Dot et le format Echo Spot, muni d’un écran. Première incursion réussie d’Amazon sur le terrain des éléments connectés après l’échec retentissant de son téléphone Fire Phone : présentation, il s’en est déjà vendu «plusieurs dizaines de millions d’exemplaires», revendique la boite, qui possède une part de marché écrasante outre-Atlantique, avec 71, neuf % des ventes en 2017. Cet ordinateur vocal capable de diffuser de la musique sur commande, de contrôler des fonctions domotiques comme allumer ou éteindre la lumière, ou bien encore de diffuser des visions de choix et météo carbure à Alexa, le nom de l’ia d’Amazon, qui permet d’interagir avec l’enceinte par la parole. Pour son déclanchement, Amazon propose près de 200 skills dans la langue de Molière, ces applications vocales dédiées ouvertes à toutes les marques et services. De la réservation d’une table au restaurant à la consultation des horaires de la SNCF en allant par le listing des films à l’affiche et, bien évidemment, la possibilité de recommander des produits déjà achetés sur son service. Au total, Amazon revendique déjà plus de 40 000 skills anglophones. De quoi mettre sur le marché aux testeurs l’idée que des trois Gafa qui se sont lancés à ce jour dans les bafles connectées, c’est la sienne qu’il faut acquérir, car c’est celle qui dispose du plus large écosystème de contenus accessibles par la parole.

Google home :

la demande du succès. Apparu deux ans après l’Echo d’Amazon, Google Home est aussi le premier assistant vocal à s’être lancé en métropole, l’été dernier, au prix de 140 euros. Discret et très traditionnel d’apparence, mi-blanc mi-gris, l’appareil qu’il faut héler fastidieusement à chaque question d’un dis Google, avant de le relancer d’un OK Google marche à l’ia de google Assistant. Un algorithme qui équipe également nombre de téléphones modernes Android, le programme de fonctionnement mobile de google, qui est de loin le plus répandu sur le marché – à tel point que la Commission européenne s’interroge sur un possible abus de position dominante. Moins abondant qu’Amazon côté contenus, Google Home n’en a pas moins dépassé pour la première fois Echo en matière de ventes au premier trimestre : selon le bureau d’études Canalys, il s’en s’écoule 3, 1 millions d’unités, contre 2, 5 millions pour le deuxième. Là où Amazon met en avant la abondance de son offre, Google Home joue la carte de la recherche géolocalisée en version vocale. On peut ainsi tenter de l’interroger sur tous les sujets, auxquels il tentera d’apporter une réponse en puisant dans Wikipédia et Google Actualités. Soucieux de ne pas se laisser distancer par Amazon sur annoncé comme le futur hub connecté du foyer, Google a signé avec le géant de la distribution Walmart outre-Atlantique, et tout récemment avec Carrefour en métropole, afin de réaliser des solutions de commerce par la parole. Une réponse à Amazon, qui s’est complice à Monoprix dans l’Hexagone. Et pour correctement montrer qu’il est selon lui le plus compétent pour remporter la bagarre acharnée qui s’annonce, il affirme que 500 millions d’appareils connectés sont déjà raccordés à sa technologie. Apple Homepod : en avant sa musique. Vendu 349 dollars aux usa, le HomePod débarque ce lundi en métropole, où il coûtera quasiment le même prix, mais en euros, pour s’équiper de l’enceinte connectée la plus chère du marché, et de très loin. Après un déclanchement plusieurs fois retardé outre-Atlantique, le HomePod, étrillé dans les contrôles comparatifs comme le moins fiable des assistants vocaux mis en vente par les Gafa, s’est vendue à prix exclusif de 600 000 unités au premier trimestre selon le cabinet Strategy Analytics, tandis que Bloomberg évoque un mission de ventes de 4 millions d’unités pour 2018. Bien plus cher mais muni d’une maison ou d’un appartement meilleur son, le HomePod mise énormément sur l’usage musical pour faire la différence. Mais comme c’est la norme chez Apple, cela demande de s’abonner au service Apple Music, le seul accessible par l’enceinte connectée maison. Cette dernière utilise la technologie de reconnaissance vocale de l’iPhone, Siri, première du type apparue chez les Gafa, en 2011. A l’époque, Apple était en avance, avant d’accumuler à partir de les retards. A la différence de ses concurrents, la firme à la pomme est cependant moins obnubilée par la nécessité de faire prendre du poids très rapidement son écosystème de software. Car son modèle économique consiste en la vente de matériel encore plus que sur celle de services. L’objectif n’en est faire croître la part de son métier que s’avèrent être ces autres produits, dans lesquels on trouve aussi l’Apple Watch, l’Apple TV et les écouteurs sans fil AirPods. D’où une stratégie qui défile, à l’image de ses concurrents, par l’ouverture à des applications fabriqués par des tiers afin de manger l’écosystème de la vache à lait qu’est l’AppStore. Cumulé avec l’offre de streaming Apple Music et l’outil de paiement Apple Pay, cette activité de services a représenté vingt cinq milliards d’euros de salaires en 2017. Avec ce nouvel HomePod, Apple espère sortir enfin de sa dépendance à l’iPhone et atteindre les 50 milliards de dollars de recettes de cuisines pour ces pratiques à l’horizon 2020.